OpenAI a déployé fin septembre 2026 un Privacy Center dans ChatGPT : une page qui regroupe en un endroit les réglages de confidentialité jusque-là éparpillés dans plusieurs sous-menus. La presse tech a résumé la chose sans détour : « a handy map, not a magic switch » (une carte pratique, pas un interrupteur magique). Autrement dit, rien de nouveau sous le capot, mais une navigation qui devient enfin lisible.
Pour un entrepreneur qui utilise ChatGPT et Claude en parallèle, la question intéressante n'est pas « qui a le plus joli menu » mais « où sont mes données, combien de temps, et qui les voit ». Ce billet fait le point sur ce que contient réellement le Privacy Center côté OpenAI, où trouver les équivalents chez Anthropic, et six réglages à vérifier ce soir avant de coller votre prochain fichier client. Si vous démarrez tout juste, le guide complet pour apprendre Claude pose les bases de l'écosystème avant d'entrer dans les paramètres.
Ce que le Privacy Center de ChatGPT contient vraiment
Le Privacy Center d'OpenAI est une page unique accessible depuis le menu du compte (Help > Privacy Center sur le web, Settings > Privacy Center sur mobile). Le déploiement est progressif : tous les comptes ne l'ont pas encore, et OpenAI a confirmé qu'il touche ChatGPT Free, Go, Plus, Pro et Business. Trois catégories sont explicitement exclues à la date de sortie : ChatGPT Enterprise, ChatGPT Edu et ChatGPT for Healthcare, qui disposent déjà de leurs propres tableaux d'administration.
Le contenu de la page tient en cinq blocs : les réglages liés à la mémoire et à l'historique de conversation, l'usage éventuel des données pour améliorer les modèles, les applications connectées (Gmail, Google Drive, etc.), la personnalisation, et la sécurité du compte. Chaque bloc est un lien direct vers le réglage réel, qui reste au même endroit qu'avant. Point important à ne pas gommer : le Privacy Center ne modifie aucun réglage automatiquement à son apparition. Si vous n'aviez pas désactivé l'entraînement, il reste actif. La page vous montre où cliquer, elle ne clique pas à votre place.
Autre nuance utile pour les équipes : sur les paliers grand public (Free, Plus, Pro), les conversations peuvent servir à améliorer les modèles sauf si vous avez explicitement décoché l'option correspondante. Sur ChatGPT Enterprise et sur l'API, ce n'est pas le cas par défaut, mais ces deux surfaces ne sont justement pas concernées par le Privacy Center actuel.
Pourquoi ça sort maintenant : contexte réglementaire et pression utilisateurs
La sortie ne tombe pas au hasard. L'Europe est entrée dans une phase active de l'AI Act : depuis le 2 août 2026, la Commission européenne dispose de ses pouvoirs de sanction sur les fournisseurs de modèles à usage général, avec des amendes qui peuvent atteindre 7 % du chiffre d'affaires mondial pour les pratiques interdites, et 3 % pour le non-respect des obligations liées aux systèmes à haut risque. Le sujet transparence sur les données personnelles cesse d'être décoratif.
À cela s'ajoute la pression des DPO en entreprise, qui demandent depuis des mois une vue consolidée pour valider l'usage de ChatGPT dans leurs organisations. Un menu éclaté sur quatre onglets et deux applications rend l'audit interne coûteux. Un menu unique le rend faisable en dix minutes. C'est probablement là que se joue l'utilité réelle du Privacy Center : côté DSI et conformité, pas côté utilisateur final qui savait déjà où cliquer.
Côté Claude : où sont les réglages équivalents chez Anthropic
Anthropic n'a pas de page nommée « Privacy Center » à la date de rédaction. Les réglages existent, ils sont répartis dans Settings, et la posture par défaut diffère sur un point structurant : sur Claude.ai (plans Free, Pro et Max), les conversations ne servent pas à entraîner les modèles, sauf action explicite de votre part (retour donné sur une réponse, ou signalement). Contrairement à ChatGPT sur les paliers grand public, il n'y a pas de case à décocher à trouver dans un sous-menu.
Sur les plans Team et Enterprise, Anthropic confirme également que les données ne servent pas à l'entraînement par défaut. C'est le socle commun. Ce que vous pouvez ajuster dans les paramètres du compte : la mémoire (qui, depuis le 25 août 2026, unifie ce que Claude retient entre le chat et Cowork, avec une vue « Topics » modifiable élément par élément), les connecteurs actifs, et la gestion des Projects, qui permettent de cloisonner vos contextes avec Claude Projects pour séparer proprement un dossier client d'un autre.
Côté API, Anthropic ne publie pas de délai de rétention par défaut unique dans les sources vérifiées ici : le point solide à retenir est que le zero data retention existe en option pour les organisations Enterprise sur Fable 5 et 5.1, et que le dispositif Enterprise Frontier Safeguards annoncé début septembre 2026 (déploiement par phases à partir de l'automne) combine cette non-conservation avec une détection d'usage malveillant côté stockage client.
ChatGPT vs Claude sur la confidentialité : le comparatif qui compte
Ramenons ça à cinq axes lisibles. Le tableau ci-dessous compare les postures par défaut sur les paliers grand public, pas les options qu'on peut activer.
| Axe | ChatGPT (Free/Plus/Pro) | Claude (Free/Pro/Max) |
|---|---|---|
| Entraînement par défaut | Oui, opt-out requis | Non, opt-in par feedback |
| Historique conservé | Durée réglable, exportable | Durée réglable, exportable |
| Centralisation des réglages | Privacy Center dédié (en déploiement) | Réglages répartis dans Settings |
| Option zero data retention (API Enterprise) | Non documentée dans nos sources | Oui, sur Fable 5 et 5.1 |
| Enterprise sans entraînement | Oui, par défaut | Oui, par défaut |
Le point le plus discriminant reste la première ligne. Sur un compte ChatGPT gratuit ou Plus laissé dans son état natif, vos échanges peuvent nourrir les futurs modèles. Sur un compte Claude Pro dans le même état, non. Pour un entrepreneur qui teste des idées, colle des brouillons de contrats ou charge un fichier client dans une conversation, la différence de posture par défaut compte plus que la beauté du menu.
Dans quels cas l'un l'emporte concrètement sur l'autre : ChatGPT Enterprise reste pertinent si votre entreprise vit déjà dans Microsoft 365 et que la DSI a signé un contrat cadre avec OpenAI. L'API Claude (ou l'API OpenAI, la posture est similaire sur ce point) est plus adaptée dès qu'il s'agit de traiter des données clients en batch avec un contrôle programmatique sur la conservation. Pour tout le reste, entre Pro et Plus, la question se joue autant sur les fonctionnalités que sur les défauts de confidentialité.
Checklist : les 6 réglages à vérifier ce soir
Comptez dix minutes, une tasse de café, et faites la revue pour chaque outil que vous utilisez régulièrement.
- Désactiver l'entraînement sur vos conversations. ChatGPT : Settings > Data Controls > décocher « Improve the model for everyone » (ou passer par le Privacy Center s'il est disponible sur votre compte). Claude : c'est déjà off par défaut sur Free/Pro/Max, vérifiez juste que vous n'avez pas activé une option de partage volontaire.
- Purger l'historique ancien. Les conversations d'il y a huit mois sur un projet clos ne vous servent plus. Elles élargissent votre surface de risque si le compte est compromis. ChatGPT : Settings > Data Controls > Clear all chats. Claude : sélection multiple dans la sidebar puis suppression.
- Vérifier les connecteurs actifs. Vous aviez branché Gmail pour un test il y a trois mois et oublié de le retirer ? Faites l'inventaire. ChatGPT : Settings > Connectors. Claude : Customize > Connectors, et pour les organisations Team/Enterprise, l'admin peut restreindre par domaine vérifié.
- Séparer compte pro et perso. Un compte Claude Pro (ou ChatGPT Plus) pour vos affaires, un compte gratuit pour vos essais persos et vos questions de curiosité. Ça évite qu'une conversation sur votre situation familiale finisse dans la mémoire du modèle qui gère aussi vos prospects.
- Cloisonner par Projects. Un Project Claude par client, avec ses instructions et ses fichiers isolés. Les conversations d'un projet ne fuient pas dans un autre. Le setup de Claude au quotidien détaille comment structurer proprement cette organisation.
- Documenter votre règle interne. Une note d'une page : quel outil reçoit quel type de donnée. Contrats clients → API Claude en batch ou Claude Pro dans un Project dédié. Brouillons publics de contenu → ChatGPT Plus. Données de santé, RIB, mots de passe → aucun des deux. La règle vaut plus qu'un outil.
Cette checklist couvre l'essentiel du risque courant pour un solo ou une équipe de moins de dix personnes. Au-delà, vous entrez dans le territoire des DPO, de l'AI Act et des audits de conformité, où l'outil devient secondaire face à la gouvernance.
Passer à la pratique
Le Privacy Center de ChatGPT est une bonne nouvelle : il rend visible ce qui existait, et il envoie un signal aux équipes conformité que le sujet est pris au sérieux. Ça ne change rien à la question centrale, qui n'est pas de choisir un camp entre OpenAI et Anthropic, mais de décider consciemment quel outil reçoit quel type de donnée, et de le documenter. Un bon réglage vaut mieux qu'un bon outil mal configuré.
Si vous voulez aller au-delà des réglages de confidentialité et bâtir une pratique complète (setup, site, blog SEO, automatisations, marketing), la formation Maîtriser Claude au quotidien déroule ces cinq chantiers sur cinq semaines, avec un projet livrable par module. La confidentialité y est traitée comme ce qu'elle est : une couche de discipline qu'on installe une fois, qu'on vérifie tous les trimestres, et qu'on oublie le reste du temps pour se concentrer sur ce qui compte, produire du travail utile.
