Vous avez ouvert ChatGPT sur un compte gratuit et vu apparaître une publicité sous une réponse. Ou vous avez lu qu'OpenAI laisse des annonceurs cibler des utilisateurs à partir de leur email ou de leur numéro de téléphone. Vous vous demandez ce qui est exposé, ce que vous pouvez couper, et si vos données clients sont concernées. Cet article reste sur les faits connus à la date de rédaction (octobre 2026), signale ce qui est confirmé et ce qui ne l'est pas, et finit par un point honnête sur Claude. Pour la vue d'ensemble de l'outil, voyez notre page pour apprendre Claude.
Ce que ChatGPT a annoncé : publicité, ciblage et signaux utilisés
Prenons ce qu'un utilisateur voit. Sur un compte Free ou Go, une publicité peut apparaître sous la réponse de ChatGPT quand un produit sponsorisé est jugé pertinent par rapport à la conversation. Selon la page d'aide officielle d'OpenAI, les comptes Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu n'affichent aucune publicité, et les comptes identifiés comme mineurs non plus.
Le point qui a fait réagir vient d'une enquête de 404 Media, publiée le 15 octobre 2026 et reprise le lendemain par MobileSyrup. Selon cette enquête, des annonceurs peuvent cibler des utilisateurs à partir d'une liste d'adresses email ou de numéros de téléphone (bruts ou hachés) ou d'identifiants publicitaires Android. Ils peuvent aussi fournir des « context hints », c'est-à-dire des thèmes ou des mots-clés, pour associer une annonce au contenu d'une conversation. Un seuil est rapporté : une personne n'entre dans un ciblage que si la liste de l'annonceur compte plus de 25 000 utilisateurs correspondants. OpenAI affirme que les fichiers téléchargés par les annonceurs sont supprimés après 24 heures.
| Point | Statut | Source |
|---|---|---|
| Pubs réservées aux comptes Free et Go | Confirmé par OpenAI | Page d'aide officielle |
| Ciblage par email, téléphone, identifiant Android | Rapporté par la presse | 404 Media, MobileSyrup |
| Seuil de 25 000 correspondances | Rapporté par la presse | 404 Media |
| Suppression des fichiers sous 24 h | Déclaré par OpenAI | Reprise presse |
| Disponibilité des contrôles en France | Variable selon les pays | À vérifier sur la page d'aide |
Ce tableau compte autant que le reste de l'article : les trois dernières lignes ne sont pas des certitudes. Les réglages décrits plus bas peuvent aussi avoir changé quand vous lirez ceci, donc revérifiez-les sur le site d'OpenAI.
Email et téléphone : comment ces données servent au ciblage
Le mécanisme n'a rien d'exotique. C'est celui que Meta (Custom Audiences) et Google (Customer Match) utilisent depuis des années : un annonceur dépose une liste d'identifiants, souvent hachés pour ne pas les envoyer en clair, et la plateforme les compare à ceux de ses utilisateurs. Quand il y a correspondance, la personne entre dans l'audience visée.
Pour un entrepreneur, la conséquence est simple. Si vous avez créé votre compte ChatGPT gratuit avec votre email professionnel, cet email peut figurer dans la liste d'un annonceur B2B : un éditeur de logiciel de facturation, un fournisseur de CRM, un cabinet de conseil. Vous n'avez rien fait de particulier, votre adresse circule déjà dans de nombreux fichiers commerciaux.
Précision de méthode : le rapprochement par identifiant haché est une description du mécanisme publicitaire standard, déduite de ce qui existe ailleurs. Ce qu'OpenAI a explicitement décrit, c'est la possibilité de cibler par liste d'emails ou de numéros, via les éléments rapportés par la presse ci-dessus. Je ne détaille pas ici le fonctionnement interne de sa plateforme, qui n'est pas documenté publiquement.
Ce que dit le RGPD, en bref. Le profilage publicitaire exige une base légale, en pratique souvent le consentement. Vous disposez d'un droit d'opposition au traitement de vos données à des fins de prospection. Selon la page d'aide d'OpenAI, la personnalisation n'est pas disponible au départ dans l'Espace économique européen et en Suisse, mais cela varie selon les pays et peut évoluer : vérifiez ce qui s'applique à votre compte plutôt que de supposer.
Les prompts comme signal : le point qui inquiète vraiment
Une adresse email, beaucoup de monde la possède déjà. Ce qui change la donne, c'est ce que vous écrivez dans la conversation. Imaginez quatre cas fréquents : vous collez une liste de prospects pour la trier, un brief client pour le résumer, votre chiffre d'affaires pour préparer un bilan, ou les grandes lignes d'un projet de levée de fonds. Où cela va-t-il ?
Ce qui est établi, d'après les sources citées : les annonceurs fournissent des listes d'identifiants et des indices de contexte. Rien dans ce qui a été rapporté ne dit qu'OpenAI vend les conversations ni que le texte de vos prompts est transmis aux annonceurs. Dire le contraire serait inventer. En revanche, OpenAI précise que même avec la personnalisation désactivée, les publicités peuvent rester basées sur la conversation en cours.
Il faut donc distinguer trois choses :
- Le contenu exact du prompt : aucune source vérifiée ne dit qu'il est communiqué aux annonceurs.
- Le thème général de la conversation : il peut servir à choisir quelle annonce afficher, c'est le principe des « context hints ».
- Les métadonnées d'usage (compte, formule, pays) : leur rôle exact dans le ciblage n'est pas détaillé publiquement, je ne m'avance pas.
Le risque réel pour un professionnel n'est donc pas forcément qu'un annonceur lise votre brief client. Il est plus banal : vous avez mis des données sensibles dans un outil grand public dont le modèle économique repose en partie sur la publicité, sans contrat de traitement adapté. C'est un problème de gouvernance des données avant d'être un problème de pub.
Comment réduire votre exposition dans ChatGPT : réglages et réflexes
Voici une procédure à suivre dans l'ordre. Les intitulés de menus changent régulièrement : si un nom ne correspond plus, cherchez le terme équivalent dans les paramètres.
- Identifiez votre formule. Free ou Go : publicités possibles. Plus, Pro, Business, Enterprise, Edu : aucune publicité selon la page d'aide d'OpenAI. Si vous manipulez des données clients, une formule professionnelle avec accord de traitement est plus cohérente qu'un compte gratuit.
- Ouvrez les contrôles de données. Dans les paramètres du compte, passez en revue la personnalisation, l'historique et l'usage de vos conversations pour améliorer les modèles. Désactivez la personnalisation des publicités si l'option existe. Gardez en tête qu'elle n'empêche pas les annonces fondées sur la conversation en cours.
- Séparez vos adresses. Créez le compte avec un email dédié plutôt qu'avec votre adresse professionnelle principale, celle qui figure déjà dans vos signatures, votre site et vos factures. Vous évitez qu'elle soit rapprochée d'une audience B2B.
- Anonymisez avant de coller. Remplacez les noms par des codes (« Client A », « Prospect 12 »), arrondissez les montants, retirez les emails et numéros de téléphone. Une agence peut garder un tableau de correspondance de son côté et ne jamais l'envoyer dans le chatbot.
- Exercez votre droit d'opposition. Si vous êtes dans l'Union européenne, utilisez le portail de confidentialité d'OpenAI pour demander l'opposition au traitement à des fins publicitaires ou l'effacement de vos données. Conservez la trace de votre demande.
- Revérifiez tous les mois. Les conditions et les réglages bougent vite sur ce sujet. Un contrôle de cinq minutes dans les paramètres vaut mieux qu'une supposition faite en septembre.
Pour un point de comparaison côté OpenAI sur la transparence, voyez aussi notre article sur le Privacy Center de ChatGPT face à Claude, et pour le contexte tarifaire des comptes gratuits, la publicité sur les comptes gratuits de ChatGPT.
Et Claude dans tout ça ? État des faits sur la publicité
Sur ce point, la position publique d'Anthropic est nette. Dans son engagement « Claude is a space to think », daté du 4 février 2026 et consultable sur anthropic.com, Anthropic écrit que Claude restera sans publicité : pas de liens sponsorisés à côté des conversations, pas de placements de produits tiers non demandés, et les annonceurs n'influencent pas les réponses. Anthropic ajoute qu'elle serait transparente si elle revoyait cette approche.
Trois limites à garder en tête, pour ne pas faire de cette section un argument de vente :
- Pas de pub ne veut pas dire pas de collecte. Claude traite vos conversations pour fonctionner, et certains usages (amélioration des modèles, selon votre formule et vos réglages) existent. Ils se contrôlent dans les paramètres de confidentialité.
- Un engagement n'est pas un contrat. C'est une déclaration publique, datée, que vous pouvez citer mais dont vous devez aussi surveiller l'évolution.
- Les formules diffèrent. Free, Pro, Max, Team et Enterprise n'ont pas les mêmes conditions de traitement : consultez la page de confidentialité d'Anthropic et vos paramètres de compte plutôt que de supposer.
Pour vérifier vous-même : ouvrez les paramètres de votre compte Claude, repérez les options de confidentialité (usage des conversations, mémoire), relisez la politique de confidentialité sur anthropic.com, et notez la date de votre vérification. Pour mettre en place Claude proprement dans votre quotidien de travail, notre pilier pour configurer Claude au quotidien détaille les réglages.
Au-delà de Claude, retenez un critère qui vaut pour n'importe quel outil IA : qui paie ? Quand c'est vous (abonnement), l'éditeur a intérêt à protéger votre confiance. Quand c'est un annonceur, votre attention devient le produit. Ce n'est pas une règle absolue, mais c'est la bonne première question avant de coller des données professionnelles dans un chatbot.
Checklist avant de coller des données clients dans un chatbot IA
- Nommez le rôle de chacun. Si vous traitez les données de vos clients, vous êtes en général responsable de traitement et l'éditeur de l'outil est sous-traitant (article 28 du RGPD). Demandez l'accord de traitement correspondant, par exemple pour une agence qui analyse les emails d'un client.
- Anonymisez par défaut. Codes à la place des noms, montants arrondis, aucun email ni téléphone. Un freelance peut préparer un gabarit de prompt avec des champs déjà anonymisés.
- Utilisez une formule professionnelle. Pour des données clients, un plan Team, Enterprise ou l'API avec conditions de traitement écrites est plus défendable qu'un compte gratuit personnel.
- Désactivez l'usage de vos conversations pour l'entraînement quand l'option existe, et notez où se trouve le réglage.
- Interdisez les comptes personnels pour le travail client. Une TPE de cinq personnes peut le fixer en une phrase dans une note interne.
- Tenez un registre simple. Qui utilise quel outil, pour quels types de données, depuis quand. Un tableau partagé suffit.
- Écrivez la politique d'équipe. Une page : ce qu'on peut coller, ce qu'on ne colle jamais (identifiants, données de santé, contrats signés non anonymisés), qui valide les exceptions.
- Relisez les conditions chaque trimestre. Publicité, rétention, sous-traitants : ces points évoluent, comme l'a montré le sujet de cet article.
Passer à la pratique
Le sujet du ciblage publicitaire dans ChatGPT se règle moins avec une décision spectaculaire qu'avec quelques habitudes : un email séparé, des données anonymisées, une formule adaptée au type de données, une vérification régulière des paramètres. Si vous voulez transformer cela en routine d'équipe, notre pilier Claude pour le marketing montre comment intégrer ces réflexes à vos flux de contenu et de prospection.
Pour construire ces automatismes avec un accompagnement, de la configuration de l'environnement aux automatisations connectées à vos outils, vous pouvez Maîtriser Claude au quotidien avec notre cohorte de 5 semaines et 5 projets concrets.
