Tu viens d'ouvrir Claude, tu tapes « écris-moi un post LinkedIn sur l'entrepreneuriat », tu obtiens un texte tiède, vaguement inspirant, que n'importe qui aurait pu générer avec n'importe quel outil. Le problème n'est pas Claude. C'est le prompt. Cet article te donne 7 structures qui marchent, avec les prompts complets à copier-coller et adapter à ton contexte. Si tu débutes, commence par lire le guide complet pour apprendre Claude en parallèle, il pose les bases dont tu auras besoin.
Chaque modèle est présenté avec un cas d'usage entrepreneur concret, le prompt à personnaliser, et l'erreur classique à ne pas commettre. Objectif : tu peux tester les sept aujourd'hui, dans l'ordre que tu veux.
Pourquoi ton premier prompt va rater (et comment l'éviter)
Un prompt qui rate ressemble à ça : « fais-moi un plan de contenu pour mon compte Instagram ». Claude te sort dix idées génériques, valables pour un coach en développement personnel comme pour un plombier. Tu jettes, tu recommences.
Un prompt qui marche tient sur 4 briques : le rôle que Claude endosse, le contexte de ton activité, la tâche précise, et le format de sortie attendu. Regarde la différence :
Version faible :
« Écris un email de relance pour un client. »
Version qui marche :
« Tu es responsable commercial d'un studio de design web à Lyon
(6 personnes, 80k€ de CA mensuel). Rédige un email de relance
pour Marie Dupont, dirigeante d'une PME de 40 salariés, qui a
reçu notre devis de 12 000€ pour refonte de site il y a 12 jours
et n'a pas répondu. Elle avait mentionné vouloir lancer avant
septembre. Ton : direct sans être insistant, 120 mots max,
signature « Alex, Studio Nova ». Propose un créneau d'appel
concret cette semaine. »La deuxième version obtient un email exploitable au premier essai. La règle : plus tu donnes de contexte réel, moins Claude invente. C'est aussi vrai pour l'organisation générale de ton compte, que tu peux configurer proprement avant de te lancer.
Modèle 1 : le prompt d'analyse de document
Cas d'usage : tu reçois un devis fournisseur de 15 pages, un CGV client à valider avant signature, un rapport sectoriel de 40 pages que tu n'as pas le temps de lire. Tu uploades le PDF dans Claude, et tu utilises cette structure :
Tu es analyste financier senior. J'ai uploadé le devis de
[fournisseur] pour [prestation]. Extrais :
1. Les 3 postes de coût les plus élevés (montant + %)
2. Toutes les clauses de révision de prix ou d'indexation
3. Les pénalités de retard ou d'annulation
4. Les prestations optionnelles vs incluses
5. Les 2 points où je devrais négocier en priorité, avec
la formulation exacte à envoyer au commercial.
Format : tableau pour 1 à 4, paragraphes courts pour 5.
Si une info manque, écris « non précisé dans le document ».Erreur classique : demander « résume-moi ce document ». Tu obtiens un résumé plat qui ne t'aide pas à décider. Impose toujours une grille : ce que tu cherches, dans quel ordre, sous quel format. La consigne finale (« si une info manque, dis-le ») évite que Claude comble les trous avec des suppositions.
Modèle 2 : le prompt de rédaction email
L'email est le test de vérité du prompt : trop générique, il sent l'IA à trois kilomètres. Trois éléments comptent : à qui tu écris, l'historique de la relation, l'action attendue.
Tu es [ton rôle] chez [ton entreprise, activité en 1 ligne].
Contexte :
- Destinataire : [prénom, poste, taille de sa boîte]
- Historique : [dernier échange, date, ce qui s'est dit]
- Ce que je sais de sa situation : [contrainte, échéance, budget]
- Objectif de cet email : [obtenir un RDV / relancer un devis /
débloquer un paiement / autre]
Contraintes :
- Longueur : 100-150 mots
- Ton : [direct / chaleureux / formel]
- Une seule demande claire à la fin
- Pas de formule creuse type « j'espère que vous allez bien »
Rédige 2 versions distinctes, la deuxième plus courte que la
première.Demander deux versions coûte le même prix et te donne du choix. Pour la relance d'une facture impayée, ajoute simplement dans le contexte : « facture n°X de 3 400€ échue depuis 22 jours, deuxième relance après un premier email resté sans réponse le [date] ». Claude adapte le ton en conséquence, ni trop mou ni agressif.
Modèle 3 : le prompt de brainstorming structuré
« Donne-moi 10 idées de posts LinkedIn » = 10 idées interchangeables. La différence se fait dans les contraintes que tu imposes.
Tu es directeur éditorial d'un média B2B.
Mon activité : [décris en 2 lignes, avec ton offre principale
et ton client type].
Génère 20 idées de posts LinkedIn répartis ainsi :
- 5 posts d'opinion clivante (une prise de position que 30%
de mon audience va contester)
- 5 retours d'expérience concrets (chiffres, échec, apprentissage)
- 5 posts pédagogiques (une méthode, un cadre, un outil)
- 5 posts « behind the scenes » de mon activité
Pour chaque idée : titre du post (première phrase accrocheuse
+ angle en 1 ligne). Écarte tout ce qui ressemble à un poncif
LinkedIn (« l'échec m'a appris que... », « voici 5 leçons
que... »).
Ensuite, note toi-même les 20 idées de 1 à 10 sur leur potentiel,
et explique pourquoi les 3 meilleures sortent du lot.Le twist final (« note-toi toi-même ») force Claude à hiérarchiser au lieu de tout traiter comme équivalent. Tu récupères une short-list utilisable au lieu d'une longue liste à trier à la main. La même logique s'applique aux noms de produit, aux angles de landing page, aux structures de copywriting à tester.
Modèle 4 : le prompt de réécriture
Le piège avec la réécriture : Claude reformule mais lisse tout dans un style consensuel. La parade : lui donner un exemple concret du style visé.
Voici ma bio LinkedIn actuelle :
« Fort d'une expérience de 10 ans dans le conseil en stratégie,
j'accompagne les dirigeants dans leur transformation... »
Je veux la réécrire dans le style de cet auteur que j'aime :
[colle 2-3 paragraphes d'un auteur dont tu apprécies le ton]
Garde les faits (10 ans, conseil en stratégie, clients dirigeants
de PME 20-100 personnes), change tout le reste. Pas de jargon
corporate, pas de mots comme « accompagner », « transformer »,
« expertise ». Une bio de 90 mots max, qui donne envie de me
prendre en appel plutôt que de scroller.
Produis 3 versions différentes.L'exemple de style compte plus que toutes les instructions abstraites que tu pourrais écrire. Tu peux appliquer la même méthode à une page de vente, une description produit, une bio Instagram. Pour une refonte complète de ta présence en ligne, l'approche créer un site web avec Claude détaille comment enchaîner les briefs.
Modèle 5 : le prompt d'aide à la décision
Claude devient utile quand tu le traites comme un sparring partner, pas comme un moteur de réponse. Structure pour choisir entre plusieurs options :
Je dois choisir entre 3 outils pour [besoin précis] :
1. [Outil A], [prix, fonctionnalités clés, ce que j'ai testé]
2. [Outil B], [pareil]
3. [Outil C], [pareil]
Mon contexte :
- Taille d'équipe : X personnes
- Budget max : X€/mois
- Contraintes non négociables : [ex : hébergement UE, intégration
avec Y, temps de setup <2 semaines]
- Ce qui compte le moins : [ex : design de l'interface]
Démarche attendue :
1. Pour chaque outil, note-le sur mes 3 contraintes non
négociables (0 à 5, avec justification)
2. Identifie les 2 questions que je n'ai pas posées et qui
changeraient le choix
3. Ta recommandation, avec les conditions dans lesquelles tu
la remettrais en causeLa troisième consigne est la plus précieuse : elle force Claude à exposer les limites de sa recommandation au lieu de la vendre. Tu ressors avec une décision, mais aussi avec les angles morts à vérifier avant de signer.
Modèle 6 : le prompt de génération de code simple
Tu n'es pas développeur, tu as juste besoin d'une formule Google Sheets ou d'un snippet HTML pour ton site. Le prompt qui rate : « donne-moi la formule pour calculer une marge ». Le prompt qui marche précise l'environnement.
Je travaille dans Google Sheets, feuille « Ventes 2026 ».
Colonnes :
- A : nom du produit
- B : prix d'achat HT (€)
- C : prix de vente TTC (€)
- D : quantité vendue
Je veux en colonne E la marge brute HT en euros (prix vente HT -
prix achat HT, en supposant TVA à 20%), en colonne F la marge en
% arrondie à 1 décimale, et en colonne G un code couleur : vert
si marge % > 40, orange entre 20 et 40, rouge en dessous.
Donne-moi :
1. Les formules pour E et F (à recopier ligne par ligne)
2. La règle de mise en forme conditionnelle pour G (étapes exactes
dans l'interface Google Sheets)
3. Un exemple de résultat sur une ligne fictive pour vérifierToujours préciser l'environnement (Google Sheets vs Excel, WordPress vs site statique, navigateur vs application). Toujours demander un exemple de vérification à la fin, c'est ta relecture instantanée. Si tu veux aller plus loin sur les usages code, l'entrée vibe coding, c'est quoi explique comment un non-dev peut construire de vraies petites applis.
Modèle 7 : le prompt d'apprentissage personnalisé
Tu veux comprendre un sujet technique (le régime micro-BNC, les backlinks, le cash-flow) sans lire trois livres. La technique du « explique-moi comme si » ne suffit pas seule, il faut la coupler à une vérification de compréhension.
Je veux comprendre [sujet].
Mon niveau actuel : [ce que tu sais déjà, ce qui te bloque].
Mon objectif : [pourquoi tu veux comprendre, décision à prendre].
Démarche :
1. Explique-moi le concept en 3 paragraphes max, en supposant
que je connais [X] mais pas [Y].
2. Donne un exemple chiffré tiré d'une PME de 10 personnes.
3. Liste les 3 erreurs les plus fréquentes des débutants.
4. Pose-moi 5 questions pour vérifier que j'ai compris.
Attends mes réponses avant de continuer.La dernière consigne change tout. Claude passe d'un mode « je déballe tout mon savoir » à un mode dialogue, comme un prof qui vérifie que le message passe. Tu ressors avec une compréhension active, pas un pavé mémorisé à moitié.
Les 3 réflexes à garder après ces 7 modèles
Un : n'essaie pas de tout mettre dans le premier prompt. Claude est fait pour le dialogue. Envoie ta première version, regarde ce qui cloche, ajoute une contrainte, relance. Deux ou trois tours suffisent pour arriver à un résultat exploitable, alors que le prompt parfait du premier coup te prendra 20 minutes à écrire.
Deux : sauvegarde les prompts qui marchent. Le meilleur endroit pour ça est un Project, qui garde le contexte et les instructions permanentes de ton activité. La page organiser tes prompts avec Projects et Artifacts détaille comment structurer ça sans y passer une journée.
Trois : vérifie les faits sur les sujets sensibles. Chiffres, dates, citations, obligations légales : Claude peut se tromper. Sur un contrat, un calcul fiscal, une info réglementaire, prends le résultat comme un premier jet à contrôler, pas comme une réponse à publier telle quelle.
Une fois ces réflexes en place, tu peux enchaîner sur des usages plus construits : un pipeline de contenu SEO avec Claude, une automatisation de ton CRM, un vrai système de production éditoriale. Si tu veux structurer tout ça avec un cadre et des projets suivis plutôt qu'en autodidacte, la formation Maîtriser Claude au quotidien t'accompagne semaine par semaine, du setup jusqu'à ton premier livrable en ligne.
