Tu as ouvert Claude. Tu as tapé "écris-moi un email de prospection". Tu as reçu quelque chose de poli, générique, inutilisable. Tu as fermé l'onglet. On en est tous passés par là. Le problème n'est pas Claude, c'est le prompt. Ce qui suit, ce sont 7 modèles que tu peux copier-coller ce soir, avec juste assez d'explication pour que tu comprennes pourquoi ils marchent et comment les plier à ton activité. Si tu veux la vue d'ensemble avant de plonger, voici le guide complet pour apprendre Claude.
Pourquoi votre premier prompt rate (presque) toujours
Trois erreurs reviennent sans arrêt chez les débutants. La demande est trop courte ("résume ce texte"). Il n'y a aucun contexte (Claude ne sait pas à qui s'adresse ta réponse, dans quel but, avec quelles contraintes). Et surtout, aucun format de sortie n'est précisé, donc Claude te renvoie une bouillie en prose impossible à réutiliser.
Compare ces deux versions.
Version qui rate : "Écris-moi un email de prospection pour mon logiciel de compta."
Version qui marche : "Tu es consultant en acquisition B2B. Rédige un email de prospection à froid pour un cabinet comptable de 5 à 15 collaborateurs. Mon offre : un logiciel qui divise par trois le temps de saisie des notes de frais. Ton : direct, pas commercial. Format : objet (max 50 caractères) + corps (max 80 mots) + un CTA. Donne-moi 3 variantes."
La deuxième réponse est utilisable. La première finit à la corbeille.
La structure CRIO : les 4 briques d'un prompt qui fonctionne
Pour éviter de tâtonner, utilise cette grille à chaque prompt un peu sérieux.
- Contexte : qui tu es, à qui tu t'adresses, quelle contrainte compte. "Je vends X à Y, je prépare Z pour mardi."
- Rôle : la casquette que tu donnes à Claude. "Tu es éditeur senior", "tu es analyste financier". Ça change le registre et le niveau d'exigence.
- Instruction : la tâche précise, découpée. Pas "aide-moi". Plutôt "identifie", "liste", "réécris", "compare".
- Output : le format attendu. Tableau, bullets, 3 variantes, 80 mots max, markdown, CSV. Si tu ne le dis pas, Claude choisit à ta place et tu perds du temps à reformater.
Les 7 modèles qui suivent appliquent tous cette structure. Repère-la en les lisant.
Modèle 1 : résumer un document long sans perdre l'essentiel
Tu es analyste. Je te colle ci-dessous [type de document : rapport, transcription, article].
Objectif : me permettre de [décider / présenter / archiver] en 5 minutes.
Rends-moi trois niveaux de résumé :
1. Une phrase (le point le plus important)
2. Un paragraphe de 80 mots (contexte + chiffres clés + conclusion)
3. 5 bullets d'action : ce que je dois faire ou retenir concrètement
Signale toute incohérence ou chiffre qui te paraît douteux.
[COLLE LE TEXTE ICI]Pourquoi ça marche : le rôle d'analyste force un ton factuel. Les trois niveaux te donnent le choix selon le temps que tu as. La dernière consigne ("signale les incohérences") transforme Claude en relecteur plutôt qu'en simple photocopieuse.
Modèle 2 : rédiger un email de prospection B2B calibré
Tu es consultant acquisition B2B.
Contexte :
- Mon offre : [description en 2 lignes, bénéfice principal + mécanique]
- Cible : [secteur, taille d'entreprise, fonction du destinataire]
- Point de douleur que je résous : [problème concret, pas marketing]
- Preuve : [1 chiffre ou 1 client existant si tu en as]
Rédige 3 variantes d'email à froid :
- Objet (max 50 caractères, sans emoji, sans majuscules abusives)
- Corps : 80 mots max, 1 question ouverte à la fin
- Ton : direct, pas commercial, pas de "j'espère que vous allez bien"
Finis par 3 lignes d'objet alternatives, séparées de l'email.La version naïve donne du texte publicitaire. Celle-ci donne un email qu'un humain enverrait. La séparation objet/corps/alternatives te permet de A/B tester.
Modèle 3 : transformer une idée vague en plan d'action
Tu es chef de projet.
Je veux lancer : [décris ton idée en 2-3 phrases]
Contrainte : [budget / temps / compétences disponibles]
Deadline souhaitée : [date ou "flexible"]
Décompose en étapes avec, pour chacune :
- Livrable concret (quoi, pas comment)
- Durée estimée
- Prérequis / dépendances
- Risque principal
Avant de me répondre, pose-moi 3 questions de clarification
si quelque chose dans mon brief est flou ou incomplet.La dernière consigne change tout. Au lieu de deviner, Claude te renvoie des questions, tu réponds, puis tu obtiens un plan réellement adapté. Deux allers-retours de 30 secondes battent une heure de reprompting.
Modèle 4 : critiquer son propre texte comme un éditeur
Tu es éditeur senior pour un magazine économique exigeant.
Tu es sévère mais constructif.
Étape 1 : liste les faiblesses du texte ci-dessous.
Classe-les par ordre d'impact : clarté, structure, preuves, ton, longueur.
Pour chaque point, cite la phrase exacte concernée.
Étape 2 (seulement après l'étape 1) : propose une réécriture
des 3 passages les plus faibles.
Ne me fais pas de compliments. Je veux comprendre ce qui coince.
[COLLE TON TEXTE ICI]Séparer diagnostic et réécriture oblige Claude à vraiment lire avant de corriger. Sans ça, il te sort une version 2 cosmétique sans jamais nommer le vrai problème. Et le "ne me fais pas de compliments" neutralise la flagornerie par défaut.
Modèle 5 : générer des idées de contenu pour son activité
Tu es stratège éditorial.
Mon activité : [1 phrase]
Mon persona cible : [titre + 2 problèmes qu'il essaie de résoudre]
Étape du funnel visée : [découverte / considération / décision]
Voici 3 contenus que j'ai déjà publiés et qui ont bien marché :
1. [titre + angle en 1 ligne]
2. [titre + angle en 1 ligne]
3. [titre + angle en 1 ligne]
Donne-moi 10 idées d'articles qui :
- Prolongent la logique de ces 3 contenus (pas des sujets déconnectés)
- Répondent à une question concrète du persona
- Ont un angle précis (pas "Les tendances du marketing en 2026")
Format : titre + promesse en 1 phrase + mot-clé SEO cible.Ancrer avec 3 exemples existants évite le brainstorm générique qu'on obtient avec "donne-moi 20 idées d'articles sur le marketing". Si tu construis un flux régulier, regarde comment construire un pipeline de contenu SEO avec Claude.
Modèle 6 : extraire des données d'un bloc de texte brut
Tu es un parseur de données.
Extrais du texte ci-dessous les informations suivantes et rends-les
au format tableau markdown avec ces colonnes exactes :
| Prénom | Nom | Entreprise | Poste | Email | Ville |
Règles :
- Une ligne par personne
- Si une info manque, écris "-" (ne devine jamais)
- Normalise les emails en minuscules
- Ignore les lignes qui ne sont pas des contacts (signatures, pied de page)
[COLLE LE TEXTE BRUT ICI]Ce modèle transforme Claude en outil ETL de poche. Cas typique : tu copies 30 profils LinkedIn, tu colles, tu obtiens un tableau exploitable dans Notion ou Airtable en 10 secondes. La règle "ne devine jamais" est critique, sinon Claude invente des emails qui n'existent pas.
Modèle 7 : traduire et adapter culturellement un contenu
Tu es traducteur spécialisé en localisation marketing FR vers EN (US).
Contexte du texte : [page de vente / email / post LinkedIn / fiche produit]
Public cible : [marché US généraliste / tech / finance / etc.]
Registre : [formel / direct / startup décontracté]
Traduis le texte ci-dessous en deux versions :
1. Traduction littérale (pour que je vérifie le sens)
2. Adaptation localisée : expressions idiomatiques US, références culturelles
adaptées, ponctuation et typographie américaines, call-to-action calibrés
pour le marché US (pas une traduction mot à mot du français)
Signale les passages où la version française ne passe pas en l'état
(humour, références franco-françaises, formules trop longues).
[COLLE LE TEXTE ICI]Une page de vente traduite mot à mot sonne artificielle et convertit moins bien. Demander les deux versions te permet de garder le contrôle sur ce qui est juste de la langue et ce qui est de l'adaptation marché.
Comment adapter ces modèles à votre activité
Trois règles de personnalisation, dans l'ordre :
Remplace les variables entre crochets par du concret. "Mon offre" ne veut rien dire. "Un logiciel de gestion de notes de frais pour cabinets comptables de 5 à 15 collaborateurs" veut dire quelque chose. Plus tes variables sont précises, plus la réponse l'est.
Ajoute du contexte métier spécifique. Si tu es coach business, dis-le dans le rôle ("tu réponds comme un coach business qui parle à ses clients, pas comme un consultant McKinsey"). Si ton public utilise un jargon particulier, précise-le.
Itère en 2-3 tours, ne cherche pas le prompt parfait. Première réponse : trop long. Tu dis "réduis à 50%, garde l'essentiel". Deuxième réponse : trop sec. "Ajoute un exemple concret au deuxième paragraphe". Troisième réponse : bonne. Trois minutes au total. C'est plus rapide que de passer 20 minutes à peaufiner un prompt initial de 400 lignes.
Quand un prompt marche vraiment, ne le laisse pas disparaître dans ton historique. Sauvegarde-le dans un Project avec son contexte et ses variables à remplacer. Tu le rouvres la fois suivante en 2 secondes au lieu de le reconstruire. Voici comment sauvegarder ses prompts dans un Project Claude, et si tu veux reprendre depuis zéro la mise en place, passe par configurer Claude et poser ses premiers prompts.
Prochaines étapes : du prompt isolé au workflow
Un prompt isolé, c'est un marteau. Utile, mais limité. Dès que tu refais la même tâche trois fois (résumer tes réunions, qualifier tes leads, générer tes posts), tu passes à l'étape d'après : capitaliser dans un Project, enchaîner avec des Artifacts quand tu as besoin d'un livrable interactif, puis automatiser carrément quand le workflow devient quotidien.
Les 7 modèles ci-dessus couvrent 80% des usages d'un entrepreneur solo pendant les trois premiers mois. Le reste, c'est de la pratique et de l'itération. Si tu veux structurer cette montée en compétence sur 5 semaines avec des projets concrets au lieu d'avancer en bricolant, regarde le programme Maîtriser Claude au quotidien.
